Libye : Kadhafi annonce la «bataille décisive» pour ce jeudi

Publié le par MOUKILI LE LION

1363441_kada_640x280.jpg«Nous n'avons pas d'opposants en Libye. Ce ne sont que des groupes armés qui occupent quelques rues». D'une phrase, tout est dit : le colonel Kadhafi ne cèdera rien à la population libyenne, dont il nie les aspirations pro-démocratiques. Alors que les forces régulières progressent toujours à l'est de la Libye, préparant l'assaut de Benghazi, le leader libyen exclut à nouveau de «dialoguer» avec les rebelles, qu'il assimile à des agents d'Al-Qaïda.
Dans une interview au «Figaro» parue ce jeudi, le leader libyen élude les questions sur la violence de la réplique aux opposants. «Si on utilisait la force, il nous suffirait d'une seule journée» pour reprendre le contrôle du pays, fanfaronne-t-il. Déroulant toujours son hypothèse d'une rébellion soulevée par al-Qaïda, Kadhafi affirme que «des terroristes sont venus de l'étranger. Qu'ils quittent le pays, qu'ils regagnent l'Afghanistan, qu'ils retournent à Guantanamo».

Les rues de Benghazi quasi désertes

Paralèllement, Mouammar Kadhafi se dit prêt à l'indulgence vis-à-vis d'anciens hauts responsables ou officiers membres ou proches du Conseil national de transition (CNT) quoique «cette structure (n'en soit) pas une (...). Son dirigeant est un paumé, un pauvre type». «Ces gens-là ont été pris en otage. S’ils restent, je les pardonnerai, car ce n’est pas de leur faute», déclare-t-il.

Mercredi soir, la télévision d'Etat a annoncé que la ville stratégique d'Ajdabiya avait été «purgée» des insurgés. Il restait difficile de savoir si les troupes gouvernementales avaient ou non repris le contrôle du dernier verrou insurgé avant Benghazi, car les combats n'avaient pas cessé dans la ville et aux alentours. Selon un médecin, au moins 26 personnes, dont 22 civils, ont été tuées dans cette ville depuis mardi, sous les raids aériens et les tirs d'artillerie lourde. «Les combats étaient terrifiants», a raconté le docteur Abdelkarim Mohammad, joint par téléphone. L'hôpital lui-même a été touché par un obus et une partie du personnel a été évacuée vers Benghazi, selon un autre médecin. Les partisans de Kadhafi contrôlaient mercredi la route entre les deux villes.


Les bastions rebelles de l'Ouest menacés

Plus au nord, les rues de Benghazi était quasi désertes mercredi. Dans la soirée, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé qu'il avait retiré son personnel de ce bastion de l'insurrection, pour le transférer vers la ville orientale de Tobrouk. Plus tôt, des journalistes de l'AFP indiquaient que les insurgés contrôlaient encore la route entre Benghazi et Tobrouk.

Dans l'Ouest, les insurgés ont déclaré être toujours maîtres de Misrata (500 000 habitants, 150 km à l'est de Tripoli), malgré une offensive mercredi des forces gouvernementales, qui a fait selon eux au moins quatre morts et une dizaine de blessés. «La bataille a commencé aujourd'hui (mercredi, ndlr) à Misrata et demain ça sera la bataille décisive», a lancé à la télévision libyenne le «Guide».

LeParisien.fr

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