Côte d'Ivoire : massacre de civils sur un marché d'Abidjan

Publié le par MOUKILI LE LION

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Le camp Gbagbo a tué jeudi au moins 25 personnes dans un quartier pro-Ouattara du nord de la ville. L'ONU parle de «crime contre l'humanité».

La Côte d'Ivoire semble peu à peu plonger dans une guerre civile qui ne dit pas son nom. Entre 25 et 30 civils ont encore été tués jeudi, selon l'ONU, au cours d'une attaque à l'arme lourde perpétrée dans un quartier d'Abidjan par les forces armées du camp du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo.

Ce massacre constitue l'un des drames les plus sanglants depuis le début de la crise post-électorale, mi-décembre. Dans le quartier populaire d'Abobo, au nord de la capitale économique, une équipe de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) «a pu observer que les forces armées du camp de Laurent Gbagbo ont tiré au moins six projectiles sur le marché et ses environs», a déclaré le porte-parole de la mission onusienne. Cette attaque à l'arme lourde a causé «la mort de 25 à 30 personnes» et a fait «entre 40 et 60 blessés», a indiqué Hamadoun Touré.

»L'Onuci exprime son indignation devant de telles atrocités contre des civils innocents. Les auteurs de ces exactions (...) ne sauraient rester impunis», a ajouté Hamadoun Touré. La mission onusienne, forte de 10.000 hommes, «se réserve le droit de prendre des mesures appropriées pour prévenir, à l'avenir, de tels actes inacceptables, conformément à son mandat de protection des populations civiles», a prévenu le porte-parole, avec une fermeté inhabituelle mais sans plus de précision.

 

La situation humanitaire «dépasse» celle en Libye

Cette attaque pourrait constituer un «crime contre l'humanité», a renchéri vendredi Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. «Nous condamnons les attaques avec des obus sur des zones avec des civils», a-t-il déclaré. Dans un mémorandum adressé à la Cour pénale internationale (CPI), les avocats d'Alassane Ouattara le président élu en décembre et reconnu par la communauté internationale - accusent également Laurent Gbagbo et ses services de sécurité de «crimes contre l'humanité»

Le camp Gbagbo a engagé le week-end dernier une importante offensive à Abidjan contre les pro-Ouattara. Abobo, quartier le plus peuplé de la ville et contrôlé en large partie par les insurgés, est particulièrement ciblé. Plus de 200.000 personnes, sur une population estimée à 1,5 million, ont déjà fui les violences dans le quartier, selon l'ONU. Depuis le début de la semaine, des affrontements ont aussi éclaté dans d'autres parties de la ville, notamment dans un secteur pro-Ouattara du quartier de Yopougon (ouest), considéré comme un bastion de Laurent Gbagbo. Jeudi, des tirs, notamment à l'arme lourde, ont par ailleurs été entendus dans le quartier d'Adjamé, qui abrite deux importants camps militaires, ainsi que dans le quartier résidentiel de Cocody.

La communauté internationale s'inquiète de plus en plus de la situation en Côte d'Ivoire, où l'ONU recense déjà plus de 410 morts depuis la mi-décembre. La commissaire européenne en charge de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, a appelé jeudi le monde à ne pas oublier la crise humanitaire en Côte d'Ivoire qui, selon elle, «en réalité dépasse» celle en cours en Libye.

Publié dans CÔTE D'IVOIRE

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