TRIPOLI DONNE UNE CHANCE AUX REBELLES DE SE RENDRE CE DIMANCHE

Publié le par MOUKILI LE LION

L'armée libyenne annonce l'arrêt à partir de dimanche de ses opérations militaires contre l'insurrection, pour donner une chance aux "terroristes" de déposer leur armes et de profiter d'une grâce.

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Le point jeudi 17 mars sur la situation en Libye, plus d'un mois après le début de l'insurrection.

 

Sur le terrain. L'armée libyenne, loyale à Mouammar Kadhafi, se trouvait jeudi aux portes de Benghazi, deuxième ville du pays située dans l'est et bastion de l'insurrection depuis plus d'un mois, selon la télévision d'Etat. L'opposition a de son côté affirmé y avoir abattu un avion. Un peu plus tôt, la chaîne al-Libya affirmait que les forces fidèles au régime avaient pris le contrôle de la ville de Misrata, l'un des derniers bastions des rebelles à quelque 200 km à l'est de Tripoli. Une information démentie par les insurgés. Mercredi soir, le colonel Kadhafi avait annoncé que ses troupes allaient livrer jeudi "une bataille décisive" pour reprendre Misrata, troisième ville du pays peuplée de 500.000 habitants. Kadhafi a par ailleurs exclu de "dialoguer" avec les rebelles qu'il a assimilé à des agents d'Al-Qaïda, dans une interview au Figaro de jeudi, et il a estimé que le Conseil national de transition (CNT), mis en place par les opposants à Benghazi, "n'a aucune valeur". Après avoir réussi à reprendre plusieurs villes ces derniers jours, les loyalistes ont bombardé par air et terre Ajdabiya, dernier verrou des rebelles à 160 km au sud de leur fief de Benghazi dans l'Est. Au moins 26 personnes ont été tuées depuis mardi, selon un médecin. Les partisans de Kadhafi contrôlaient mercredi la route entre les deux villes. Les forces régulières ont aussi attaqué à l'arme lourde la localité de Zenten, à 145 km au sud-ouest de Tripoli, d'après un témoin. Après un mois d'une révolte qui s'est transformée en guerre civile, Kadhafi, qui refuse de quitter le pouvoir après plus de quatre décennies de règne sans partage, avait juré mardi d'"écraser les ennemis", tandis que l'un de ses fils, Seïf al-Islam, promettait: "dans 48 heures, tout sera fini".

 

Sur le plan diplomatique. Le Conseil de sécurité de l'Onu s'est mis d'accord sur un projet de résolution prévoyant une zone d'exclusion aérienne au-dessus du pays, qui sera soumis au vote jeudi. Les 15 pays membres peuvent encore modifier le texte. L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a estimé que le Conseil de sécurité devrait envisager "d'aller au delà d'une simple zone d'exclusion aérienne". Mercredi, Nicolas Sarkozy a lui appelé le Conseil de sécurité à soutenir l'appel à une zone d'exclusion aérienne. La Grande-Bretagne a de son côté exhorté l'Onu à prendre des décisions au plus vite. "La communauté internationale ne veut pas et ne doit pas faire la guerre" en Libye, a affirmé le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, un avis partagé par Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères qui refuse de soutenir le projet d'une zone d'exclusion aérienne. Sur son blog, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé que "plusieurs pays arabes" étaient prêts à "une participation effective" à une opération militaire, ajoutant qu'il n'était "pas encore trop tard" pour intervenir. Plusieurs députés européens, dont les chefs de file des groupes des élus libéraux et verts, ont dénoncé avec force la passivité de l'Union européenne.
Réuni à Paris la veille, le G8 a écarté l'option militaire pour ralentir les forces de Mouammar Kadhafi, faute de consensus. Se limitant à promettre une nouvelle résolution à l'Onu sur des sanctions renforcées dès cette semaine. Les pays de l'Otan ont examiné pour la première fois les options militaires à leur disposition si l'alliance décidait d'intervenir en Libye, bien que la probabilité d'une résolution de l'Onu les y autorisant diminue.
L'Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe 57 membres comptant plus d'un milliard de musulmans, a annoncé la tenue samedi d'une réunion ministérielle urgente sur la Libye à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite).

 

Sur le plan économique. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la production de pétrole libyen, habituellement de 1,6 million de barils par jour, était presque à l'arrêt ces derniers jours. Total avait affirmé vendredi que la production pétrolière du pays était passée de 1,4 million à 300.000 barils par jour. La Compagnie pétrolière nationale a lancé dimanche un appel à la reprise du travail affirmant que les ports pétroliers étaient désormais "sûrs" et "opérationnels" et elle a demandé aux sociétés étrangères de reprendre les exportations de brut. La télévision nationale a précisé que le colonel Kadhafi "a examiné lors d'une rencontre avec les ambassadeurs de Chine, Inde et Russie la possibilité de charger des compagnies de ces pays de prendre en charge l'industrie pétrolière de la Libye". "Nous sommes prêts à faire venir des compagnies indiennes et chinoises à la place des firmes occidentales", avait déclaré le dirigeant libyen, après le départ des compagnies pétrolières étrangères. Les Etats-Unis ont étendu leurs sanctions à 16 entreprises publiques libyennes, dont la compagnie pétrolière nationale. La dernière cargaison de pétrole à avoir quitté la région pétrolifère de l'Est libyen remonte au 19 février.
 

 

Sur le plan humanitaire. Depuis le 15 février, la répression sanglante de l'insurrection a fait au moins des centaines de morts et poussé plus de 250.000 personnes à fuir le pays. A noter que quatre reporters du New York Times sont portés disparus dans le pays.
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé les combattants à laisser fuir les civils, soulignant le nombre inhabituellement faible de femmes et enfants arrivant aux frontières avec l'Egypte et la Tunisie.
 

 

Gel des avoirs. Les autorités britanniques ont gelé pour 12 milliards de livres (13,9 milliards d'euros) d'actifs libyens au Royaume-Uni. Selon les médias britanniques, le colonel Kadhafi possède environ 20 milliards de livres (23,1 milliards d'euros), principalement à Londres. Le second enfant du colonel libyen, Seif Al-Islam Kadhafi, détient également à Londres une maison estimée à 10 millions de livres (11,6 millions d'euros).

 

Divorce franco-libyen. Le clan Kadhafi déclare mercredi avoir des éléments prouvant des versements faits à Nicolas Sarkozy pour financer sa campagne électorale. Dans une interview à la chaîne Euronews, Saïf al Islam demande au président français, qu'il traite de "clown", de "rendre l'argent" et affirme avoir "tous les détails les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert." Interrogé par Reuters, l'Elysée a démenti. Alors que la France est le premier pays à reconnaître officiellement le Conseil national de transition libyen, Mouammar Kadhafi n'a pas épargné non plus Nicolas Sarkozy dans une interview diffusée mardi soir sur la chaîne allemande RTL. "C'est mon ami, mais je crois qu'il est devenu fou. Il souffre d'une maladie psychique. C'est ce que dit son entourage. Ses collaborateurs disent qu'il souffre d'une maladie psychique", a expliqué le dirigeant libyen, qui avait déjà fait allusion la semaine dernière à "un grave secret" entourant l'élection du président français en 2007. Récemment, l'agence officielle libyenne Jana a promis de rendre public un "grave secret", affirmant que sa révélation entraînerait la chute du président français.

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traore tiemoko 17/03/2011 16:01



Il faut dire q'une dictature est mauvaise mais celle de mohamard khadaffi est la meilleur. vue les conditions de vie des lybiens et le niveau de la diplomatie lybienne. A dire qu'une oeuvre
humaine n'est jamis juste, il y aura forcement des personnes en lybie qui se trouverons frustrés et opposées a khadaffi!!!!