La France appelle le Président Alassane OUATTARA à prendre ses responsabilités

Publié le par MOUKILI LE LION

alainjuppe.jpgAlain Juppé : "Ce n’est pas à la France d’aller sur le terrain" 

La France ne peut pas "tout faire partout", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie Alain Juppé, en appelant l’ONU à prendre ses responsabilités en Côte d’Ivoire où des femmes ont été récemment tuées lors d’une marche pacifique."Nous ne pouvons pas tout faire partout", a-t-il dit au cours d’une conférence de presse, alors qu’il était interrogé sur la différence de traitement réservé par la France à la Libye et à la Côte d’Ivoire."Il y a en Afrique une organisation qui s’appelle l’Union Africaine. Il y a à Abidjan une force qui s’appelle l’ONUCI, Organisation des Nations unies pour la Côte d’Ivoire (...). Ce n’est pas à la France d’aller sur le terrain", a-t-il insisté."Je vais à nouveau appeler les Nations unies à jouer leur rôle. La Force de l’ONUCI est sous chapitre 7 (de la charte de l’ONU), elle peut utiliser la force, elle peut s’interposer entre les combattants", a-t-il fait valoir, en rappelant que la majorité de la communauté internationale soutient le président élu Alassane Ouattara contre le chef d’Etat sortant Laurent Gbagbo qui refuse d’abandonner ses fonctions.

"A chacun de prendre ses responsabilités", a-t-il lancé. "Nous souhaitons que les Nations unies et l’Union Africaine prennent leurs responsabilités, ce n’est pas à l’ancienne puissance coloniale d’aller s’interposer entre les combattants".

 

La CEDEAO appelle l’ONU au secours


La CEDEAO pourrait demander à l’ONU d’aller plus loin dans sa réponse à la crise ivoirienne qui s’aggrave, a indiqué mercredi le président nigérian Goodluck Jonathan à l’ouverture d’un sommet ouest-africain consacré en partie à la Côte d’Ivoire. "Je pense que nous pouvons adopter une résolution pour demander à l’ONU de prendre des mesures un peu plus sérieuses concernant la situation en Côte d’Ivoire", a déclaré M. Jonathan. Il s’adressait aux chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, 15 pays) réunis en sommet ordinaire dans la capitale fédérale nigériane Abuja en présence de représentants de l’ONU et de l’Union africaine (UA). Goodluck Jonathan est le président en exercice de la CEDEAO. Soulignant "l’engagement et la détermination collective" de l’organisation régionale pour mettre fin à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, qui a fait près de 440 morts selon l’ONU depuis la présidentielle du 28 novembre 2010, il a dit espérer que cela serait possible "sans faire usage de la force légitime". Il y a trois mois, les dirigeants ouest-africains ont menacé de chasser du pouvoir le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo par la force, s’il s’obstinait à refuser de céder la présidence à Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de l’élection par la quasi-totalité de la communauté internationale. M. Ggagbo occupe toujours la présidence et l’on craint désormais une guerre civile.

Le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, qui n’était pas présent au sommet, a jugé "très préoccupants" les développements des dernières semaines, dans un discours lu en son nom. Notant une "escalade de la violence", M. Ping a pressé le sommet d’"implorer M. Gbagbo de faire ce qui est juste". Il a ajouté que l’UA était sur le point de nommer "un représentant de haut niveau" pour la Côte d’Ivoire.

Dans la matinée, une centaine de femmes ont manifesté devant le siège de la CEDEAO à Abuja pour demander aux dirigeants ouest-africains d’agir pour que cesse la violence en Côte d’Ivoire. Une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA a aussi été annoncée pour jeudi à Abuja, mais il n’était pas clair si elle était maintenue. L’option militaire en Côte d’Ivoire semble pour l’heure écartée par la CEDEAO. Le chef de la diplomatie nigériane, Odein Ajumogobia, a notamment souligné que l’ONU devrait valider toute intervention armée. Et la Cour de justice de la CEDEAO a enjoint la communauté, la semaine dernière, de s’abstenir de l’usage de la force en Côte d’Ivoire.

Etaient notamment présents à l’ouverture du sommet les chefs d’Etat Boni Yayi (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Ellen Johnson Sirleaf (Libéria), Amadou Toumani Touré (Mali), Abdoulaye Wade (Sénégal), Ernest Koroma (Sierra-Léone) et Faure Gnassingbé (Togo), a constaté une journaliste de l’AFP.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit, prenait aussi part à la réunion. Les dirigeants ouest-africains devront aussi choisir le successeur de Goodluck Jonathan à la présidence tournante de la CEDEAO et revoir la suspension de la Guinée et du Niger. Exclus de l’organisation suite à des coups d’Etat militaires, respectivement en 2008 et 2010, ces pays ont récemment organisé des élections permettant un transfert du pouvoir à des régimes civils.

  

 

BAROAN Serges et AFP

Publié dans CÔTE D'IVOIRE

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