Côte d`Ivoire: tirs à l`arme lourde malgré les avertissements de Paris

Publié le par MOUKILI LE LION

Chars_FDS--9-.jpgDes tirs à l`arme lourde ont retenti vendredi
à Abidjan, au moment où la France et le Nigeria demandaient aux Nations unies
d`interdire ce type d`armement dans la plus grande ville de Côte d`Ivoire et
d`exiger le départ du président sortant Laurent Gbagbo.
Le Haut commissariat de l`ONU pour les réfugiés a en outre annoncé que des
mercenaires venus du Libéria voisin semaient la terreur dans l`ouest de la
Côte d`Ivoire, en proie à une grave crise consécutive à l`élection
présidentielle du 28 novembre qui a fait 462 morts selon les Nations unies.
Dans le nord d`Abidjan, des tirs à l`arme lourde ont été entendus pendant
plusieurs heures près d`un camp de l`armée fidèle à Gbagbo, dans le quartier
d`Anyama, ont indiqué à l`AFP plusieurs habitants.
"Nos positions ont été attaquées à l`arme lourde par les rebelles. Nous
avons pu les repousser et ils se sont réfugiés dans les villages
environnants", a déclaré une source à l`état-major des Forces de défense et de
sécurité (FDS, fidèles à M. Gbagbo).
Anyama jouxte le quartier d`Abobo, bastion des insurgés favorables au
président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane
Ouattara. Depuis mi-février, les FDS affrontent les insurgés pro-Ouattara à
Abobo et dans d`autres quartiers d`Abidjan où ils ont réussi à s`infiltrer.
Ces tirs surviennent alors que la France a annoncé avoir déposé un projet
de résolution au Conseil de sécurité de l`ONU en vue de faire cesser les tirs
à l`arme lourde et que le président américain Barack Obama a reconnu Ouattara
comme le dirigeant légitime de la Côte d`Ivoire.
"Les élections de l`an dernier ont été libres et justes" a affirmé Obama
s`adressant aux Ivoiriens dans un message vidéo.
"Le président Alassane Ouattara est le dirigeant démocratiquement élu de la
nation", a-t-il ajouté, avertissant que si Gbagbo et ses partisans
continuaient à s`accrocher au pouvoir, cela "mènerait à plus de violence, à
plus de civils innocents tués et blessés ainsi qu`à un plus grand isolement
diplomatique et économique".
"C`est un scandale qu`on tire à l`arme lourde à Abidjan", a déclaré le
président français Nicolas Sarkozy à l`issue d`un sommet européen à Bruxelles.
"Il faut au minimum déclarer qu`Abidjan soit interdite aux armes lourdes",
a-t-il ajouté.
Le projet de résolution, déposé également par le Nigeria, demande
explicitement le départ de Laurent Gbagbo. S`il était voté, ce serait la
première fois que le Conseil de sécurité demande formellement le départ du
président sortant. Les Quinze se sont jusqu`à présent bornés à reconnaître
indirectement Alassane Ouattara.
L`ambassadeur de France auprès de l`ONU, Gérard Araud, a estimé devant la
presse qu`Abidjan était "au bord d`une guerre civile" et que "Gbagbo doit
partir".
Le projet de résolution prévoit également de s`en prendre aux finances et
aux déplacements de Gbagbo et de son épouse Simone ainsi que de trois autres
hauts responsables, notamment pour "incitation à la haine et à la violence".
Jusqu`à un million de personnes pourraient être déplacées en Côte d`Ivoire,
a estimé à Genève le Haut commissariat de l`ONU pour les réfugiés (HCR). Or
leur fuite vers le Liberia est bloquée par des violences dans l`ouest du pays.
A Abidjan, le porte-parole du HCR, Jacques Franquin, a ainsi révélé que des
mercenaires libériens étaient intervenus dans l`ouest du pays où ils "pillent,
violent et tuent".
"Nous sommes très inquiets, les populations sont paniquées", a-t-il ajouté,
chiffrant à "quelque centaines" ces mercenaires dans la région de Guiglo,
devenue "une zone de non-droit": "il n`y a plus de police qui fonctionne, tout
le monde fait ce qu`il veut", a-t-il dit.

Publié dans CÔTE D'IVOIRE

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