Combats dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et à Abidjan

Publié le par ivoireinfos

 

Capitaine_Allakoua--4---Large-.jpgDe violents combats ont éclaté mercredi dans la ville de Duékoué, dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire, faisant au moins deux morts, tandis que cinq personnes ont été tuées à Abidjan.

Les rebelles soutenant Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre, ont rejeté toute implication dans les affrontements dans le centre-ouest.

Des habitants de Duékoué ont fait état de plusieurs heures d'affrontements dans la ville, théâtre de tensions depuis des années, mais restée sous le contrôle de partisans du président sortant Laurent Gbagbo depuis la fin de la guerre civile de 2002-2003 qui avait coupé le pays en deux.

Les forces rebelles qui dominaient le Nord pendant la guerre civile soutiennent aujourd'hui l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Elles ont menacé de pousser vers le Sud pour forcer Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir.

La sécurité à Abidjan, capitale économique du pays, s'est rapidement dégradée depuis que des hommes armés fidèles à Ouattara ont pris le contrôle de la banlieue Nord. Des forces pro-Gbagbo ont réagi en établissant des barrages routiers et en tuant ceux qu'ils soupçonnent d'être des rebelles.

Les combats se sont étendus ces derniers jours à des quartiers jusqu'ici épargnés.

Des témoins ont rapporté que les forces de sécurité avaient lancé une opération contre des partisans de Ouattara et des rebelles présumés à Williamsville et Port Bouet 2, des quartiers de l'ouest d'Abidjan, tuant au moins trois personnes.

Il y a des tirs partout, a rapporté Alidou Dao, un habitant de Port Bouet 2. Beaucoup de gens partent, a-t-il ajouté.

Un habitant de Williamsville a dit avoir vu dans la rue son voisin et deux autres personnes extraits de leur domicile par des hommes en uniforme qui les ont ensuite égorgés. Un porte-parole de la police n'a pu être contacté dans l'immédiat.

Selon Human Rights Watch, les atrocités commises par les forces fidèles à Gbagbo ont été organisées à une échelle telle qu'elles pourraient constituer des crimes de guerre, mais des hommes soutenant Ouattara ont aussi été accusés d'exécutions.

A Attécoubé, à proximité immédiate du centre d'Abidjan où est basée la mission de maintien de la paix de l'Onu (Onuci), des jeunes pro-Ouattara ont attaqué et incendié un commissariat de police et deux d'entre eux ont été tués par des tirs de policiers s'efforçant de repousser l'assaut, a rapporté un témoin, Junior Seiba.

Le calme est revenu à Duékoué après les combats, mais des milliers de personnes ont fui pour se réfugier à la mission catholique, a rapporté un habitant.

Il y a eu des combats dans d'autres villes de l'ouest du pays depuis la présidentielle mais Duékoué est une localité stratégique, sur la route conduisant aux principales régions productrices de cacao.

Evoquant une attaque à la grenade qui a fait un mort et 18 blessés, l'Onuci a réclamé mercredi l'arrêt de l'escalade des violences.

Médecins sans Frontières a de son côté averti que la crise réduisait fortement l'accès aux soins de la population.

Mardi, Alassane Ouattara a averti Gbagbo que l'offre de sortie honorable présentée il y a quelques jours par l'Union africaine (UA) constituait sa "dernière chance" de quitter le pouvoir en douceur.

Il a aussi invité les forces de sécurité soutenant Laurent Gbagbo à changer de camp pour mettre fin à une crise qui risque de plonger le pays dans une nouvelle guerre civile.

Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, refuse de céder son fauteuil présidentiel et s'appuie sur des Forces de défense et de sécurité (FDS) pour briser toute contestation.

Vendredi, le camp Gbagbo avait rejeté une proposition avancée à Addis-Abeba par un panel de chefs d'Etat africains mandatés par l'UA et consistant à mettre sur pied un gouvernement d'union nationale sous la direction d'Alassane Ouattara. Gbagbo se voyait dans le même temps offrir un sauf-conduit s'il acceptait de céder la place. (voir

Prenant acte du refus de Laurent Gbagbo, l'UA avait alors exigé qu'Alassane Ouattara soit installé dans ses fonctions de chef de l'Etat.

Avec Ange Aboa et David Lewis; Jean-Loup Fiévet, Guy Kerivel et Nicole Dupont pour le service français
Par Reuters

Publié dans CÔTE D'IVOIRE

Commenter cet article